Comme prévu, l'ancien président de l'assemblée de l'Union M. Said Dhoiffir Bounou a invité la presse samedi matin au centre culturel de Salamani, pour l'annonce solennelle de sa candidature aux prochaines élections présidentielles. La salle était pleine à craquer avec des gens venus des différentes localités de l'ile, les uns pour répondre à l'invitation et les autres pour témoigner surtout leur soutien à Bounou.
Sans pour autant dévoiler son programme, ni ses candidats vices présidents, l'ancien président de l'assemblée estime qu'il est un des médecins qui pourront trouver un remède aux maux qui rongent le pays. « Certes cette candidature qui sera complétée par la présence des trois candidats vice-présidents, sera investie plus tard au cours d'une cérémonie plus appropriée, mais l'expression de mon intention définitive de me porter candidat aux prochaines élections me semblait nécessaire pour mettre un terme aux rumeurs et aux interrogations » a-t-il précisé.
M. Bounou n'a pas encore dévoilé les partis ou les personnalités politiques qui sont derrière lui. « Vous savez que nous avons passé tout notre temps à combattre pour la tournante en 2010 et ce n'est qu'après la signature de cet accord de gestion de la période intérimaire, qu'une lueur d'espoir est née, même si des inquiétudes existent toujours quant au respect des dates convenues. Les entretiens se poursuivent mais rien n'est encore conclu» s'explique-t-il.
Entouré de quelques anciens députés du précédent parlement et des cadres tous sexes confondus, Said Doiffir Bounou pense avoir fait ce qu'il devait faire pendant ses 32 ans d'expérience et 15 postes politiques et administratifs qu'il a occupés pour que les mohéliens en premier, lui donnent confiance afin qu'il soit parmi les trois candidats choisis aux primaires du 7 novembre prochain et élu sur l'ensemble du pays.
« Notre mission à l'assemblée, nous les députés qui étions issus de la majorité du pouvoir insulaire, étions allés défendre l'autonomie et c'est ce qui a été fait. Pour le reste des fonctions que j'ai eu à occuper jusqu'ici, j'ai fait ce que j'ai pu, étant sous des ordres, mais maintenant ce que je demande aux mohéliens et aux comoriens en général c'est de me donner leur confiance pour le mandat de futur chef de l'Etat et il appartient à eux de me juger» dit-il.
« Je suis conscient que ce parcours s'annonce difficile et semé d'embuches mais je crois en même temps que mon engagement et mon expérience, ainsi que le capital de confiance dont je bénéficie de la part de ceux qui me connaissent, contribueront à ma réussite » a-t-il estimé.
A la question de savoir pourquoi la Coordination des forces vives de l'ile unie dans l'opposition n'arrive pas à présenter trois candidats communs comme ils l'avaient souhaité, l'ancien coordinateur du comité populaire national sous le régime révolutionnaire d'Ali Soilih [1975-1978] dit n'avoir pas une réponse à cette question, toutefois il pense que tout le monde croit qu'il est apte et mérite d'être à la tête du pays. « Mais les entretiens se poursuivent toujours et si cela n'aboutit pas je crois qu'il appartient aux mohéliens de faire démocratiquement leur choix » a-t-il expliqué.
Et pour le contrat de soutien à Mohamed Ali Said, M. Bounou dit que c'est ce dernier qui se contrarie en disant lors de l'annonce officielle de sa candidature qu'il dialogue avec Bienrifi Tarmidi et un peu avec Bolero et plus particulièrement à Fazul (lire nos précédents articles) « c'est comme s'il a déjà fait son choix des 3 candidats qu'il avait souhaité alors que la condition était qu'il reste neutre » a-t-il conclu.
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805 passagers bloqués à Moroni
Plusieurs personnes ont envahi les bureaux de France Comores voyage pour réclamer une solution par rapport à leur retour en France. Plus de 800 passagers sont toujours en attente d'un avion hypothétique.
« Je vais perdre mon boulot et c'est la galère pour moi ». Cette phrase est dans la bouche de la plupart des clients de France Comores Voyage. Certains devaient partir depuis une semaine alors que d'autres sont censés prendre l'avion les jours à venir. Ils sont tous cloitrés à Moroni et l'espoir de partir à bord de ces vols affrétés par cette agence de voyage franco-comorienne s'amenuisent de jour en jour. Tous ces clients ont pris d'assaut le siège de l'entreprise crée de toute pièce cette année pour profiter de la manne financière conséquence de la migration des comoriens de la diaspora installée en France.
Le seul chef encore en place n'a pas d'explication que de dire « que c'est le plus fort qui opprime le plus faible ». Dans ces bureaux installés à Hadoudja au nord de Moroni, c'est la cacophonie. Chaque client est sur les nerfs et crie dans tous les sens. « On a été victime d'une escroquerie. Une escroquerie man½uvrée par l'agence France Comores Voyage car on ne peut pas affréter un avion pour un aller simple. En plus, on a transporté des étrangers pour les laisser dans un endroit qui n'est le nôtre », se plaint Farid, un membre de SOS voyage mais qui parle aujourd'hui au nom du collectif des passagers de ces vols.
C'est la énième fois que les passagers viennent en pèlerinage dans ces bureaux sans le moindre résultat. Après une semaine d'attente, le groupe désespère et passe la vitesse supérieure. Il est allé faire un sit-in devant le consulat de Madagascar. « Il faut que le consulat de Madagascar trouve une solution par rapport à notre problème », lance dans la foulé une des victimes de ce qui ressemble à une escroquerie organisée. Les passagers font recours au consulat malgache car ils sont transportés à Moroni à bord d'Air Madagascar.
L'agence a loué les services de cette compagnie pour amener jusqu'à Moroni, ses clients mais la malgache rejette toute responsabilité. Dans un communiqué publié dans la presse, Air Mad' assure qu'il y a eu « un non-respect par France Comores Voyage de clauses financières du contrat d'affrètement... ». C'est pourquoi elle a « suspendu la mise à disposition de ses appareils et équipages ».
Dans les coulisses de cette affaire, on parle de plus 70 000 euros volatilisés. « La compagnie malgache réclame cette somme à France Comores Voyage, rien que pour les allers seulement », nous informe le ministre des transports qui rejette toute responsabilité de l'Etat comorien dans cette affaire « qui met en scène une compagnie enregistrée en France, donc française », selon lui.
Mais une cellule de crise est mise en place pour « sauver » ses binationaux. Cette commission rassemble le collectif, le ministère, l'aviation civile et la compagnie Air Mad. Après une première analyse de la situation, le ministère estime que « la compagnie malgache a respecté ses engagements car elle devait faire des rotations et elles sont exécutées ». Le ministre Hassane Assoumani ajoute que FCV a fait payer à ses clients « un prix aller/retour à 1 300 euros alors qu'il a négocié pour une seule rotation qui couterait 700 euros ». A l'heure où nous bouclons cette édition, l'aviation civile française saisie par les autorités comorienne, est entrain de négocier avec Air Madagascar pour débloquer la situation.
La FIDH
(Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme), la LDH (Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen) et sa section de La Réunion sont fortement préoccupées par la situation actuelle de Me Larifou, militant des droits de l'Homme et avocat au barreau de Saint-Pierre de La Réunion.
Détenteur de la double nationalité franco-comorienne, Monsieur Saïd Larifou partage son temps entre La Réunion, où il exerce la profession d'avocat, et les Comores. Monsieur Saïd Larifou a été régulièrement membre de la Ligue française des droits de l'Homme. Aux Comores, il préside un parti politique, le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja), qui se situe dans l'opposition à l'actuel Président. Début juin 2010, il s'est rendu aux Comores pour y tenir des réunions politiques, en préparation des prochaines élections présidentielles de novembre 2010. Lorsqu'il a voulu reprendre l'avion pour Mohéli et La Réunion, il a été molesté et interdit de quitter le territoire de la Grande Comore par les forces de police.
Monsieur Saïd Larifou est donc retenu aux Comores depuis le 6 juin 2010. Empêché par deux fois de quitter le territoire, il ne peut rejoindre sa femme et ses trois enfants à La Réunion, ni exercer sa profession. Après s'être rendu au Tribunal de Moroni, le procureur lui a signifié qu'il ne peut quitter les Comores sans une autorisation. Joint régulièrement par téléphone, Monsieur Saïd Larifou nous a informés de la réception d'un courrier du ministre des Affaires étrangères, monsieur Bernard Kouchner, en début de semaine.
La FIDH, la LDH et sa section de La Réunion s'associent aux actions de la communauté internationale pour demander aux autorités comoriennes de se conformer aux dispositions internationales relatives à la protection des droits de l'Homme. En tout état de cause, nous demandons à ces mêmes autorités de permettre à Me Larifou de se déplacer librement et de pouvoir retourner à La Réunion dans les meilleurs délais.
Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme
Des nouveaux Commissaires dans l'île d'Anjouan
Moussa Toybou, le gouverneur de l'île autonome d'Anjouan a procédé lundi dernier à la nomination des nouveaux Commissaires. Une nouvelle formation composée de six personnes dont une seule femme. La moyenne d'âge de ces nouveaux commissaires varie de 35 à 40 ans.
Le plus jeune, Ferid Chamsidine, est âgé seulement de 27 ans. Un seul commissaire de la précédente équipe figure sur la nouvelle liste. Les autres sont, tous, des nouvelles têtes qui font leur entrée au Commissariat de l'île. C'est la troisième équipe du chef de l'exécutif de l'île d'Anjouan depuis son accession au pouvoir en juillet 2008.
«Cette nouvelle formation est chargée de poursuivre les projets entamés par leurs prédécesseurs », a expliqué le gouverneur de l'île d'Anjouan que nous avons contacté au téléphone hier après midi. Moussa Toybou, qui s'est déclaré candidat à sa propre succession au poste de gouverneur de l'île d'Anjouan, a indiqué que « les commissaires sortants vont se déployer sur le terrain pour expliquer à la population les projets de développement dont nous avons engagés depuis deux ans ».
Avant de poursuivre : « Comme ils étaient à l'intérieur du système ils sont les mieux placés pour cette tâche et ils ont bien accepté de le faire ». Il a ensuite loué le « travail efficace » réalisés par la précédente équipe qui, selon lui, n'a pas démérité mais comme il s'agit de responsabilités publiques, il est normal qu'on procède de temps à autres à des changements».
Le gouverneur de l'île d'Anjouan qui a dans son viseur un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l'île -son premier mandat ayant été écourté de trois ans- espèrent que les électeurs comprendront « les sacrifices que j'ai consentis pour préserver la paix et la stabilité dans le pays et qu'ils vont me renouveler leur confiance pour que je puisse achever la réalisation de mes engagements ».
] Les élections coûteront 3, 661 milliards
La facture pour les prochaines élections des gouverneurs des îles et du président de l'Union sera très salée, si l'on s'en tient, en tout cas, au budget prévisionnel communiqué, hier après midi, par la commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Le montant global cité par cet organe chargé de l'organisation et du contrôle des élections est de 3,661 640 564 milliards fc soit plus du double du budget des récentes élections législatives. Un chiffre jamais atteint dans l'histoire des élections aux Comores. « Nous avons adopté le budget hier et l'avons soumis aujourd'hui aux autorités », a déclaré Charkane Chaharane, le président de la Ceni lors d'une conférence de presse organisée au siège de cette structure.
« Cette année, le budget est revue à la hausse pour plusieurs raisons. Il y a premièrement, les primaires qui se tiendront à Mohéli et le premier tour des gouverneurs dans les trois îles. Et ensuite, d'autres besoins relatifs à la sécurisation des élections notamment la sensibilisation des électeurs », a-t-il poursuivi. Les membres de la Ceni ont, par ailleurs, fait le point sur l'évolution des travaux engagés jusqu'ici.
« Nous avons prêté serment le 19 juillet. Le deuxième jour nous avons procédé à l'adoption du règlement intérieur et l'élection du bureau. Nous nous sommes ensuite penchés sur l'établissement du budget électoral que nous avons adopté et soumis aux autorités », a détaillé Charkane Chaharane entouré des autres membres du bureau de la Ceni. Jusqu'ici, le représentant du conseil de la magistrature dans cet organe n'est toujours pas désigné.
Il reste maintenant la mobilisation des fonds pour permettre au processus de se dérouler normalement. L'Etat comorien va se tourner vers ses partenaires pour cela. Alors que le gouvernement aurait promis de débloquer une enveloppe de 500 millions fc pour permettre au processus de démarrer, une information qui sera démentie par la suite par certains membres de l'équipe gouvernementale, rien n'est encore avancé.
« Le gouvernement a tout simplement manifesté sa volonté de débloquer cette somme. Ça a été dit ici et là, mais jusqu'à maintenant nous ne disposons pas de document pour le confirmer », avance le président de la Ceni ajoutant, toutefois, que « des dépenses étaient déjà engagées par le gouvernement mais nous ne savons pas si cela entre dans le cadre de cette enveloppe ». Le patron de la Ceni a encore réitéré le « souci » qui anime les membres de cet organe ainsi que la classe politique notamment « l'organisation des élections fiables et transparentes ».
C'est pourquoi, selon lui, la « biométrisation du fichier électoral » a été avancée comme étant une des pistes pouvant conduire à ce résultat tant espéré. « C'est une option parmi tant d'autres. Nous sommes entrain de voir sa faisabilité », a-t-il noté citant également l'option d'une « carte avec photo intégrée » comme une des pistes envisagées. Ce juriste ayant déjà figuré comme membre de la Ceni dans les précédentes échéances électorales, a souligné que « notre souci et de respecter les dates arrêtées par l'accord politique du 16 juin » même si, reconnaît-il, le processus a accusé un certain retard. Jusqu'ici, les commissions insulaires électorales, qui sont les démembrements de la Ceni dans les îles, n'ont toujours pas prêté serment.
Faïssoili Abdou






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