«La mer a été de tout temps, et avant tout, un élément de communication et, à travers la communication, un élément de domination.Plus que jamais, la mer est l'objet de la compétition internationale. L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche et vers l'exploitation de la mer et, naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer les mers pour en contrôler la sécurité et les ressources.» Cet extrait d'une allocution prononcée par le Général de Gaulle, en 1969, illustre bien la stratégie française à l'égard des îles de l'océan Indien. Une stratégie bien contemporaine.
De plus en plus décriée au Djibouti, où elle loue une importante base militaire, La France a intérêt à s'accrocher à Tromelin et à calmer les revendications mauriciennes. D'autant que dans l'archipel des Comores, les voix contestatrices se font également entendre, surtout dans le sillage de la récente crise anjouanaise. Il n'en reste pas moins que La France continue à faire la sourde oreille.
Et l'Hexagone, ancienne puissance coloniale, maintient contre vents et marées son statut de puissance riveraine, grâce, entre autres, aux îles Eparses (Europa, Bassas de India, Juan de Nova, les Glorieuses). La France veille, de par sa présence permanente, «à la stabilité de la région ainsi qu'à la paix et à la sécurité internationales.»
Par ailleurs, lors d'une conférence qui se tient en ce moment au Djibouti, les Etats de l'Afrique de l'Est et du Sud Ouest de l'océan Indien discutent de sécurité maritime. Cette réunion regroupe les pays de la zone ainsi que la France et les Etats -Unis.
Le but de l'atelier est de lancer «une initiative de sécurité et de sûreté maritime régionale». Cette discussion intervient après une recrudescence des actes de piraterie a l'entrée de la Mer Rouge. On a tous en tête la récente attaque contre «Le Ponant». Ce voilier de luxe français revenait des Seychelles et se dirigeait vers la Méditerranée lorsqu'il a été pris d'assaut par des pirates au large de la Somalie, pays où règne l'anarchie totale. Deux navires du Programme alimentaire mondial ont qui plus est aussi été victimes de pirates somaliens. Si l'océan Indien était autrefois un haut-lieu de la piraterie en mer, triste est de constater que cette pratique reprend de l'ampleur aujourd'hui.
L'acte de piraterie est considéré depuis que la navigation existe, comme un acte odieux, contraire aux intérêts et à la sécurité de l'ensemble de la communauté internationale.
C'est donc au nom de cette sûreté internationale que les puissances étrangères continueront à squatter les terres de la région. Cette route que convoitent les pirates et autres terroristes est celle du pétrole avant tout. Nos petites revendications souveraines ne pèsent pas lourd dans cette équation géostratégique... Olivier Bancoult a compris cela depuis longtemps déjà...