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LE DEBUT DU RENVERSEMENT DE SAMBI

LE DEBUT DU RENVERSEMENT DE SAMBI
Moroni, mardi 15 juillet 2008 (HZK-Presse) – « Nous marquons le premier pas d'un long combat qui ne fait que commencer ». Ces propos sont ceux de l'ancien ministre Mohamed Abdou Soimadou (1), secrétaire général du parti Ridja, ce mardi après-midi, place Badjanani, ouvrant le meeting de la coalition de l'opposition.
A son avis, la marche actuelle du pays sous la conduite du président Ahmed Abdallah Sambi traduit l'expression de la « prise en otage de l'Etat, de la confiscation de la république » dans un pays où « la constitution est bafouée et la justice dévoyée ». M. Soimadou a rappelé la fin du mandat des assemblées des îles autonomes d'Anjouan et de Mohéli en mars dernier. « Rien n'est fait pour le renouvellement desdites assemblées », a-t-il dit, se demandant si le gouvernement entend faire de même pour les assemblées de l'Union et de l'île de Ngazidja en 2009 quand leurs mandats seront arrivés à terme.
Le succédant à la tribune, un autre ancien ministre, Yahaya Mohamed Iliassa (2), a abordé deux sujets sensibles, l'expansion du chi'isme aux Comores et la citoyenneté économique en débat à l'assemblée de l'Union des Comores actuellement convoquée en session extraordinaire.
Parlant du chi'isme, l'ancien ministre du régime Azali s'en est vivement pris au président Sambi pour avoir ajouté une couleur noire à l'écharpe que porte le président. Une sixième couleur – noire – qui ne figure pas sur le drapeau et qui pourtant s'en trouve rajoutée mystérieusement, apparaissant dans l'annuaire officiel de cette année 2008.
Abordant les difficultés actuelles que traverse le pays, le député Maoulid Soilih (3), très critique à l'endroit du pouvoir, s'est lancé dans une énumération des signes caractérisant ces difficultés. Ainsi dressera-t-il une liste de la montée en flèche des produits des denrées de consommation courante, comparant les prix d'hier et actuels. Maoulid Soilih a interpellé le président Sambi sur le projet « Habitat », demandant où est domicilié le projet et surtout qu'en est-il de l'argent du projet.
Clôturant le meeting de l'opposition, le député Mohamed Djaanfari (4), candidat à la dernière élection présidentielle d'Anjouan, est revenu sur les raisons de son échec à cette élection. Selon M. Djaanfari, le président comorien avait promis aux Anjouanais que le président de l'île allait sortir des urnes. « Une fausse promesse », a dit M. Djaanfari. La réalité est que le président d'Anjouan est le fruit de l'intimidation, de la pression de l'AND et des soldats soudanais, a poursuivi, en substance l'ancien candidat non sans rappeler son énorme contribution à la libération d'Anjouan.
M. Djaanfari a, enfin, appelé les quelques 600 à 800 personnes présentes à Badjanani, cet après-midi, à se tenir par la main, à un moment, où, accuse-t-il, je le cite de mémoire, « le président Sambi veut instaurer une monarchie dans ce pays » et « mener le pays vers des rives dangereuses ».
Soulignons que plus d'une quinzaine de partis étaient présents à ce meeting où on a noté entre autres personnalités présentes, les anciens présidents grand-comorien et mohélien, Mzé Abdou Soulé El-Bak et Mohamed Said Fazul. Le président de Mohéli, selon un orateur, s'était fait représenter à cette réunion.
# Posté le jeudi 17 juillet 2008 06:39

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