Dernière mise à jour : 03/05/07 Données générales Données géographiques Nom officiel : Union Des Comores Superficie : 1862 Km² Population : 798 000 hab Capitale : Moroni Villes principales : Moroni (26 000 hab), Mutsamudu(13 000), Fomboni(8 500) Langues officielles : Comorien, français, arabe Monnaie : Franc comorien (492 Fc pour 1¤) Fête nationale : 6 juillet 1975 Données démographiques Croissance démographique : +2,5% (PNUD, 2003-2015) Espérance de vie : 63,2 ans (PNUD, 2003) Taux d'alphabétisation : 56,2% (PNUD, 2002) Religion(s) : Islam sunnite (98%) catholiques romains (2%) Indice de développement humain : 132ème sur 177 (source PNUD 2004) Données économiques PIB : 368 millions de dollars en 2004 (France : 2.002,5 milliards de dollars en 2004) PIB par habitant : 465 US dollars en 2004 (France : 30.090 euros en 2004) Taux de croissance : +1,9 % (2004) Taux de chômage : nd Taux d'inflation : +4,5 % (2004) Solde budgétaire : -1,3% du PIB Balance commerciale : -51,6 millions US dollars en 2004 (estimation) Principaux clients : France, Allemagne, Etats-Unis Principaux fournisseurs : France, Japon, kenya Part des principaux secteurs d'activités dans le PIB : Primaire : 50% Secondaire : 12% Tertiaire : 38% Exportations de la France vers les Comores : 19,68 M¤ (2004, source DGTPE) Importations françaises des Comores : 5,69 M¤ (2004, source DGTPE) Communauté française en 2007 : 2.036 immatriculés Communauté comorienne en France : Importante diaspora (250 000 à 400 000 en métropole, 100 000 à Mayotte et 20 000 à la réunion) Situation intérieure Situation politique L'histoire des Comores depuis l'indépendance est caractérisée par une très grande instabilité politique (une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives, interventions de mercenaires) qui a provoqué une lente dégradation des institutions, des infrastructures de base et de l'économie. La dernière - et la plus grave - crise politique touche Anjouan en 1997. Cette île, la plus densément peuplée de l'archipel, fait sécession et demande son rattachement à la France avant de proclamer son indépendance le 3 août 1997, suivie de Mohéli. Le gouvernement central échoue à rétablir son autorité par la force et s'affaiblit, ce qui ouvre la voie au coup d'Etat du Colonel AZALI, le 30 avril 1999. L'OUA et l'OIF, soutenues par la France, interviennent dans le règlement du conflit. Des négociations difficiles permettent de parvenir à un accord-cadre de réconciliation nationale, dit « Accord de Fomboni II » (17 février 2001). L'accord prévoit une constitution fédérale pour le nouvel ensemble comorien. Un comité de suivi est mis en place, dans lequel siègent les partenaires des Comores, dont la France. La nouvelle constitution de « l'Union des Comores » est adoptée par référendum le 23 décembre 2001. Cette constitution crée un Etat fédéral composé de trois îles dotées d'une très large autonomie, avec une présidence tournante entre les îles. Seul le grand leadeur le Prince Said Ali Hemal qui s'opposait et s'oppose à cette constitution batarde.
Le Colonel AZALI est élu président de l'Union en avril 2002, en même temps que les présidents des îles d'Anjouan (Mohame BACAR), de Mohéli (Mohamed Saïd FAZUL) et de la Grande Comore (Abou Soulé ELBAK). Chaque étape de la mise en ½uvre de l'accord de Fomboni donne lieu à de nouveaux conflits sur la répartition des compétences entre l'Union et les îles (contrôle des douanes, des sociétés publiques génératrices de recettes, des forces de sécurité). L'accord de Moroni conclu le 20 décembre 2003 sous l'égide de l'Afrique du Sud, précise les conditions d'application du « processus de Fomboni ». Les élections législatives au niveau des îles et de l'Union ont lieu dans de bonnes conditions en mars et avril 2004. Les opposants au président AZALI, favorables à une plus grande autonomie des îles, remportent ces élections et détiennent la majorité à l'Assemblée de l'Union, qui est mise en place en juin 2004. Le président AZALI s'efforce néanmoins de contrebalancer l'influence des îles autonomes, qui souhaitent faire adopter des lois organiques allant vers une plus grande décentralisation de l'Etat comorien. La loi organique sur les Forces de sécurité intérieure, adoptée en mai 2005, crée notamment des forces de police dotées de compétences similaires à celles de la gendarmerie. Ces forces seront placées sous l'autorité des présidents des îles autonomes, qui entretiennent des relations difficiles avec le président AZALI. L'Union craint de les voir se doter de matériel militaire et dénonce une remise en cause de l'unité du pays. L'année 2006 mettra à l'épreuve la stabilité des nouvelles institutions de l'Union et l'avenir du processus de réconciliation : le président AZALI s'est engagé à quitter le pouvoir au terme de son mandat. La prochaine présidence doit revenir à un Anjouanais, suivant le principe d'une présidence tournante entre les îles. Les élections devraient avoir lieu au début de l'année à Anjouan pour le premier tour au niveau local et en avril-mai pour le second tour au niveau des trois îles. De nombreux obstacles risquent de perturber l'organisation du scrutin. Anjouan vit une situation de crise sociale que le retour de nombreux clandestins rentrant de Mayotte pourrait aggraver. Son président, Mohamed BACAR, est contesté (émeutes en février 2005, accusations de tentatives de déstabilisation fomentées par l'Union). Au plan national, les retards de paiement des salaires et la cherté de la vie (hausse des produits pétroliers) génèrent également une forte tension sociale (émeutes à Moroni en septembre 2005). Situation économique Conséquence de l'instabilité chronique des institutions, le pays n'a jamais réussi à créer les conditions d'un décollage économique. Les Comores souffrent de leur morcellement géographique et manquent d'infrastructures qui pourraient désenclaver les îles. Le seul port pouvant accueillir des navires de gros tonnage se trouve à Anjouan. Le réseau routier est en mauvais état. Les moyens de transport réguliers par voie maritime entre les îles et vers Mayotte ont quasiment disparu en 2004 et 2005. A ces conditions défavorables, il faut ajouter des carences dans la gestion des finances publiques : difficulté de recouvrement des recettes publiques en 2004, absence de budget au second semestre 2004, manque de maîtrise de la dépense publique en 2005 (frais de voyage des autorités, dérapage de la masse salariale). L'économie comorienne est en crise. Elle repose à 40% sur le secteur agricole, constitué de cultures vivrière et de trois cultures de rente : clou de girofle, ylang ylang (essence de parfum) et vanille. L'effondrement des cours mondiaux de la vanille en 2004 et le faible niveau d'investissement dans l'agriculture n'ont pas permis à la croissance économique de dépasser 2% en 2004. Le potentiel touristique des îles reste inexploité. La diaspora comorienne en France joue un rôle très important pour assurer l'équilibre financier du pays avec des transferts financiers annuels évalués à 28 millions d'euros en 2004. Les Comores ont signé un accord avec le FMI en février 2005 pour la mise en place d'un programme de surveillance par les services (SMP). Ce programme leur permettrait de préparer une « Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance » (FRPC) et de bénéficier d'une réduction de leur dette extérieure (89 % du PIB) dans le cadre de l'Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) en 2006. Le FMI a relevé, lors de sa revue du programme en septembre, un manque de volonté politique à mettre en ½uvre les mesures de privatisation et de maîtrise de la dépense publique. Le programme devrait être prolongé de six mois pour s'achever en 2006. Les Comores préparent activement une conférence des bailleurs de fonds qui aura lieu le 8 décembre 2005 à Maurice, avec l'appui du FMI en dépit de l'absence d'un programme de financement et hors de l'initiative PPTE. Cette Conférence des bailleurs était prévue dans l'accord de réconciliation nationale de Fomboni. Son objectif est de recueillir une aide destinée à relancer le secteur privé (agriculture, pêche, élevage, tourisme, micro-finance) et à compenser le surcoût généré par la complexité des nouvelles institutions. Politique extérieure L'Union des Comores appartient à l'Organisation de la Conférence Islamique et à la Ligue des Etats arabes. Elle fait partie de la Commission de l'Océan Indien (COI) et du COMESA dont elle devrait rejoindre la Zone de Libre Echange. Les Comores ont vécu isolées de la communauté internationale après le coup d'Etat d'avril 1999, l'OUA ayant adopté des sanctions contre le régime d'AZALI et un embargo contre Anjouan. Les progrès enregistrés dans la réconciliation inter-comorienne ont permis de mettre fin à cet isolement : l'embargo contre Anjouan a été levé en juillet 2001 et les Comores ont retrouvé leur place au sommet de l'UA en juillet 2002. Relations bilatérales Relations politiques La question de Mayotte, que les Comores n'ont cessé de revendiquer depuis 1975, est au c½ur de la relation bilatérale. Les Comores acceptent depuis 1994 de reporter annuellement l'examen du point Mayotte de l'ordre du jour de l'Assemblée Générale des Nations Unies. D'un commun accord, la France et les Comores ont décidé de maintenir le dialogue sur la question de Mayotte dans un cadre strictement bilatéral. Cette situation pénalise à court terme Mayotte en ce qui concerne la numérotation téléphonique. Ne reconnaissant pas la souveraineté française sur Mayotte, les Comores lui refusent l'attribution d'un indicatif international différent du leur (ce changement de numérotation doit être validé par l'UIT (L'Union Internationale des Télécommunications). En revanche, un accord a pu être conclu sur la participation d'équipes mahoraises aux compétitions sportives régionales (Jeux des jeunes de l'océan indien et Jeux des îles de l'océan indien) dont elles étaient exclues en vertu d'une résolution de l'OUA de 1995. Cet accord doit être entériné officiellement à la fin de l'année 2005. En contrepartie, la France s'est engagée à faciliter l'organisation de compétitions associant des clubs comoriens et mahorais. D'un niveau de vie beaucoup plus élevé que celui des Comores, Mayotte est devenue la destination d'une très importante immigration clandestine, pour des raisons économiques, sanitaires et familiales. Un tiers de la population de l'île est constitué de clandestins comoriens (Anjouanais pour l'essentiel). La question de l'immigration comorienne ne concerne pas que Mayotte. On évalue à près de 400.000 la communauté comorienne en métropole. Plus de la moitié des cas recensés de tentative d'acquisition frauduleuse de la nationalité française concerne des Comoriens. Relations économiques Les échanges commerciaux restent limités et ont subi une forte baisse en 2004 (-42% par rapport à 2003, pour un total de 25 M¤ contre 44 M¤ en 2003). Cette baisse est due à un recul de nos exportations (-33%) et importations (-62%) par rapport à 2003. Ces difficultés s'expliquent notamment par la crise du secteur de la vanille. Une douzaine d'entreprises françaises sont actives aux Comores. Le stock des investissements français représente 5 M¤. La France est le premier client, le premier fournisseur et le principal bailleur des Comores. Coopération culturelle, scientifique et technique Ces dix dernières années ont été marquées par une importante réduction de notre présence, en raison de la crise politique et institutionnelle que connaissait le pays. Le volume de notre APD (Aide Publique au Développement) est passé de 18 M¤ en 1997 à 10 M¤ en 2003. Sa relance a été consacrée par la réunion de la commission mixte franco-comorienne à Paris en avril 2005. Cette commission a permis de définir, en partenariat avec les Comoriens, les axes de la coopération civile et technique pour les prochaines années. La France s'est engagée à soutenir le renforcement de la gouvernance par une aide aux institutions. Les autres axes prioritaires de la coopération sont le développement humain (santé, éducation, coopération universitaire), le développement rural et les infrastructures. Les deux parties se sont engagées à améliorer les conditions de circulation des personnes dans le but de limiter les passages clandestins entre les Comores et Mayotte et de les remplacer par des flux légaux et maîtrisés. La France s'est également engagée à développer les échanges commerciaux entre les Comores et Mayotte afin de trouver des débouchés aux productions locales d'Anjouan et de fixer les populations rurales. Autres types de coopération La coopération militaire entre la France et les Comores a été suspendue en 1999 à la suite du coup d'Etat du président AZALI. Elle ne devrait reprendre que lorsque la répartition des compétences entre les forces de sécurité intérieure, sous le contrôle des îles, et l'armée, sous le contrôle de l'Union, aura été clairement définie et acceptée par toutes les parties.
la voix du peuple